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La bataille de Tarawa (20-23 novembre 1943)

L’enfer dans le Pacifique

La bataille de Tarawa - L’enfer dans le Pacifique
Attaque de Marines sur l'archipel de Tarawa.

Après avoir dû livrer de rudes combats dans les montagnes et la jungle de l’archipel des Salomon, l’US Marines Corps va être engagé dans la difficile conquête des atolls du Centre-Pacifique, ouvrant ainsi une nouvelle phase de la guerre contre l’empire nippon. L’atoll de Tarawa va être le théâtre d’une des plus furieuses batailles du conflit.

En 1943, les chefs d’état-major interarmes s’accordent sur le fait qu’il faut lancer une grande offensive dans le Centre-Pacifique. Cette intention est réaffirmée par les dirigeants alliés lors des conférences de Casablanca, de Washington et de Québec. L’ajournement du débarquement en Europe occidentale va alors permettre le transfert du matériel amphibie dans le Pacifique.

Après la reconquête des Salomon centrales et des Aléoutiennes, Nimitz entend prendre le contrôle des îles Marshall afin d’y établir une base aérienne qui permettra d’atteindre l’archipel des Mariannes et le Japon.

Au cours des années 1930, le War Orange Plan avait défini les Marshall comme étant l’objectif principal. Néanmoins, les informations recueillies par les services du renseignement naval au cours de l’année 1943 indiquent que ces îles sont puissamment tenues par les Japonais. Ils y possèdent huit aérodromes et peuvent aisément obtenir des renforts de Truk, leur principale île de casernement. Les planificateurs ignorent tout de l’état des fortifications, des effectifs et de l’hydrographie du fait de l’impossibilité d’envoyer des reconnaissances aériennes. Si ces îles restent une priorité stratégique, les Américains doivent en premier lieu sécuriser les Gilbert, un petit chapelet d’îles coralliennes situé à 500 km au sud-est des Marshall, sorte d’avant-poste avant la progression dans le Pacifique Centre.

La découverte d’une piste d’aviation sur l’île de Betio en juillet 1943 convainc définitivement les Américains de la nécessité d’investir les lieux. Cette langue de terre mesurant à peine 3 km de long sur 600 m de large est située à la corne sud-ouest de l’atoll de Tarawa. A cette date, aucun assaut amphibie n’a encore été lancé contre un atoll corallien. Pour la marine, il s’agit de la première mise en application de sa nouvelle doctrine d’emploi des forces amphibies. Tarawa va donc servir de test pour permettre d’améliorer les techniques de débarquement. En outre, en cas de succès, la piste de Betio doit permettre aux appareils américains d’atteindre les Marshall. Contrairement aux combats de l’archipel des Salomon (Guadalcanal), la conquête de la Micronésie va obliger l’US Navy à adapter sa tactique. Les îles coralliennes sont en effet planes et de petite taille, et les barrières de corail nécessitent l’emploi de véhicules à chenille.

Ancienne possession britannique, Tarawa est occupée par les forces nippones depuis le 10 décembre 1941. Les garnisons japonaises en poste dans les atolls ont bénéficié d’une grande tranquillité jusqu’en décembre 1943, si l’on fait exception de l’incursion d’un raid commando sur l’île de Makin au mois d’août 1942. Effet indirect malheureux du raid, cette opération conduit le commandement japonais à renforcer la défense des Gilbert afin de prévenir toute tentative de débarquement.

Une redoutable forteresse

Spectacle de désolation sur une des plages de Betio. Des dizaines de corps jonchent le sable. On estime que 70% des hommes de la première vague sont mis hors de combat.

L’île de Betio abrite le quartier général du système défensif des Gilbert et le terrain d’aviation. Elle est longue de 5 km et large de 500 mètres. Le contre-amiral Shibasaki Saichiro a à sa disposition la 3e force spéciale de débarquement (1 122 hommes) et le 7e groupe de fusiliers marins de Sasebo (1 497 hommes). Cette dernière unité est nouvelle, mais beaucoup d’officiers et de soldats ont déjà combattu en Chine. Il peut également compter sur 1 247 sapeurs et 970 ouvriers coréens. Le 111e bataillon de construction est chargé de construire des fortins à proximité des rivages et à l’intérieur des terres. Le rivage se hérisse alors d’encuvements pour canons à moitié enterrés, de bunkers et de pillboxes pour mitrailleuses. L’intérieur est truffé de magasins et d’abris souterrains. Les ouvrages réalisés en béton armé sont recouverts de sable et de tronc de cocotiers afin de les protéger des obus de marine et des bombes. Betio est transformé en une formidable forteresse. Quatorze pièces d’artillerie côtière allant de 80 mm au 203 mm assure la protection des eaux côtières ; quarante canons et obusiers sont installés de manière à couvrir de leur feu le rivage et à se couvrir mutuellement. Le rivage est ceinturé par une palissade de 1,50 m de haut construit à l’aide de troncs de cocotiers. En arrière, une centaine de mitrailleuses sont soigneusement camouflées. Champs de mines et réseaux de barbelés complètent le dispositif…

Les préparatifs

Red beach 3. Les Marines se mettent à couvert derrière les troncs de cocotiers parsemant le rivage avant de repartir à l’assaut. Les valides aident du mieux qu’ils peuvent leurs camarades blessés. Ils sont entraînés à opérer rapidement et ce à n’importe quel prix.

Nimitz, qui est chargé de l’opération, prévoit des débarquements sur les îles de Nauru, Betio, Tarawa et Abemama, mais celui sur Nauru est annulé au profit de l’atoll de Makin. Durant l’été 1943, les îles sont bombardées afin d’émousser les défenses nippones.
L’amiral rassemble la force amphibie aux Nouvelles Hébrides et confie la responsabilité de l’opération, dénommée Galvanic, au Rear Admiral Spruance commandant la 5th Fleet. Le Rear Admiral Turner est quant à lui chargé du commandement de la force expéditionnaire interarmes. Le 5th Amphibious Corps, unité chargée de l’assaut, est placé sous les ordres du Major General « Howlin Mad » Smith de l’US Marines Corps. Spruance a à sa disposition une force considérable : 36 navires de transport sont chargés d’acheminer le 2nd Marines Division et les éléments de la 27th Infantry Division, soit 35 000 hommes. Pas moins de 17 porte-avions d’escorte, 12 croiseurs et 66 destroyers assurent leur protection. Les Marines ont passé plusieurs mois en Nouvelle-Zélande pour se remettre des épreuves de Guadalcanal.

Une armada composé de près de 200 navires donc convergent vers les atolls de Tarawa et de Makin. Elle est divisée en trois Task Forces : la première, au sud, est chargée du débarquement sur Tarawa (Rear Adm. Hill), celle qui est au nord à plus de 100 miles doit lancer l’assaut contre Makin (Rear Adm. Turner), tandis qu’il incombe à la troisième Task Force d’assurer la couverture des deux autres contre une éventuelle intervention des avions japonais basés à Kwajalein.

L’enfer de Tarawa

Le lance-flamme, une des armes plus effrayante qui soit pour les fantassins, est fréquemment utilisé pour détruire les nids de résistance japonais.

Le 20 novembre 1943, peu après 5 h 00, le bruit des premières salves d’obus se font entendre. Les artilleurs japonais répliquent avec leurs canons de 203 mm mais la disproportion des forces est trop importante. Sous la conduite de l’USS Maryland, 3 cuirassés, 6 croiseurs et 9 destroyers composant la force d’appui concentrent leur tir sur la batterie côtière de Betio qui est rapidement réduite au silence. En moins de deux heures et demi, 3 000 tonnes d’obus sont déversés sur cette île minuscule qui disparaît sous un énorme nuage de poussières et de fumées. Les tirs stoppent pour laisser les chasseurs-bombardiers embarqués achever le travail. Pendant ce temps au large, le transbordement est achevé. Chalands et LVT bourrés d’hommes et de matériel s’alignent puis se dirigent vers l’île distante de 5 km, précédés par des dragueurs de mines. Choix qui aura des conséquences importantes, Smith a décidé de ne pas débarquer sur les plages donnant sur l’océan afin d’éviter les zones les plus minées et la flottille tente de pénétrer dans le lagon.

Les LCVP et les LCM viennent en fait s’échouer sur les récifs à plus de 700 m du rivage. Il faut se rendre à l’évidence, les planificateurs se sont montrés beaucoup trop optimistes, faisant fi des mises en garde des personnes connaissant bien l’atoll. En novembre, les quatre pieds d’eau nécessaires au franchissement de la barrière de corail ne sont pas là. Seuls les LVT peuvent franchir l’obstacle grâce à leurs chenilles, mais leur nombre est réduit, à peine 125.

Hill a fait cesser le bombardement naval à 8h55, soit 5 minutes avant l’arrivée théorique de la première vague… mais les LVT ont 20 minutes de retard ! Au large, à bord du Maryland, l’explosion accidentel d’une tourelle à détruit la salle radio. Hill, bien que conscient de la situation, ne peut ordonner à la force de soutien de reprendre le feu. Les destroyers Ringgold et Dashiel sont même touchés par les batteries japonaises.

Les trois bataillons du 2nd Marines doivent prendre pied sur les trois plages « Red ». Ils sont précédés par les hommes du peloton de scout-sniper du 1st Lieutenant Hawkins. Ces derniers prennent pied sur la jetée en pierre donnant sur la barrière de récif et réduisent les positions ennemies se trouvant dans leur secteur.

Des éléments de la 2nd Marines Division vont débarquer dans d’autres atolls des Gilberts, sur Abaiang, Maiana et Marakei par exemple. Une compagnie du 5th Amphibious Corps prend également possession d’Apamama.

Le laps de temps entre la fin des bombardements et l’arrivée des tracteurs amphibies dans le lagon permet à la garnison japonaise de se ressaisir. Les hommes rejoignent précipitamment les postes de combat et pointent leurs pièces. Les obus et les balles de mitrailleuses ne tardent pas à s’abattre sur les Marines qui ont dû quitter les LCVP pour rejoindre la rive. Ils doivent parcourir plus 600 mètres à découvert avec de l’eau jusqu’à la taille avec leur équipement. Les tirs en enfilade se concentrent sur ces soldats sans défense. Les Armtracks constituent des cibles de choix pour les canonniers qui font un carnage. Les hommes tombent par dizaines, les miraculés tentent d’échapper à cet enfer en tirant jusqu’à la plage leurs camarades blessés.

Les LCT franchissent tant bien que mal la palissade et s’enfoncent d’une centaine de mètres à l’intérieur, mais leur progression est ralentie par les bunkers habilement dissimulés au ras du sol et les tireurs isolés. Les tirs viennent de toutes les directions. Les servants des mitrailleuses de .50 ne savent plus où donner de la tête. Des voltigeurs japonais habilement dissimulés lancent des grenades à l’intérieur des LCT, provoquant des carnages. Pour le colonel Shoup, commandant les troupes d’assaut, le constat est amer lorsqu’il arrive sur les lieux en fin de matinée. Les unités sont disloquées, chacun essayant de s’abriter, notamment derrières les palissades. De nombreux officiers et sous-officiers ont été tués, ajoutant à la confusion. Des centaines de corps sans vie sont ballottés par les eaux du lagon. L’issue des combats est très incertaine.

Les Marines emportent la décision

Les vestiges d’un des quatre canons de 200 mm défendant Betio. Ces pièces ont été en fait récupérées sur les fortifications anglaises après la chute de Singapour et acheminés dans les atolls du centre Pacifique !

Les renforts essuient également des pertes, mais moindres au fur et à mesure que les nids de résistances sont muselés. Heure après heure, la situation s’améliore. A la fin de la journée, une tête de pont de 500 m de large sur 300 m de profondeur a été établie. Sur les 5 000 combattants qui constituait la première vague, 1 500 hommes ont été tués ou blessés.

Du côté japonais, la situation n’est guère brillante; même si les bombardements n’ont pas occasionné de pertes trop importantes. Les abris ont tenus, la marine américaine ayant commis l’erreur de ne pas utiliser des obus de rupture. Néanmoins, les lignes de communication entre les différents points d’appui ont été coupées. Shibasaki ne peut organiser de contre-attaque, perdant ainsi toute chance de rejeter l’ennemi à la mer. Isolés, les défenseurs retranchés dans leurs bunkers continuent de se battre farouchement mais sans pouvoir menacer les minces positions américaines.

Le lendemain, à 6 h du matin, les trois bataillons de Marines repartent à l’assaut, tandis que les éléments de réserve (2nd Marines et deux bataillons du 8th Marines) sont acheminés sur Betio. Un feu meurtrier s’abat sur alors les Marines qui approchent à découvert. Le colonel Shoup ordonne une attaque désespérée pour arrêter le massacre de ses hommes. Seulement 450 hommes sur 800 rejoignent la rive. Finalement, les Marines parviennent à conquérir l’aérodrome et à couper l’île en deux. Toute la partie occidentale de Betio est sécurisée. Grâce à la marée montante, les chalands réussissent à acheminer le matériel sur les plages. Le 10th Marines Artillery Regiment est enfin à pied d’œuvre. Dissimulés derrière une levée de terre, les obusiers de 75 entrent en action. Les Marines progressent, appuyés par quelques chars et deux destroyers tirant depuis le lagon. Lorsqu’un bunker est découvert, il faut recourir au lance-flamme, aux grenades ou aux pains d’explosifs, les soldats japonais préférant se faire tuer sur place plutôt que de se rendre. L’arrivée de ces renforts va faciliter la progression. Les Marines réussissent à atteindre l’aérodrome et se rendent maître de la rive opposée. A la tombée de la nuit, le 1st Battalion du 6th Marines atteint la rive ouest de l’île à bord de canots pneumatiques et fait sa jonction avec le 3rd Battalion du 2nd Marines.

Le photographe a immortalisé cinq prisonniers japonais, tant ce type de capture était rare. Il peut également s’agit de « termites », nom donné aux ouvriers, souvent d’origine coréenne, travaillant à la construction des ouvrages de défense et considérés comme des esclaves par les Japonais.

Les derniers défenseurs japonais ont été repoussés vers l’extrémité orientale de l’île. Au cours de la nuit, les 500 rescapés lancent une violente charge « banzaï » contre le 6th Marines. La B Company est littéralement décimée. Les Marines ploient mais ne rompent pas. Le lendemain, à l’aube, plus de 300 corps de soldats japonais gisent autour des positions américaines.

Le troisième jour, les quatre bataillons de Marine achèvent le nettoyage de l’île, ratissant chaque recoin. L’artillerie et les chars permettent de neutraliser les dernières poches de résistance, même si des francs-tireurs vont continuer à harceler les Américains durant quelques jours. En début d’après-midi, le Major General Smith déclare Betio sécurisée.

Le bilan est très lourd des deux côtés. Sur les 4 700 hommes que comptait la garnison, seulement un officier, 16 soldats japonais et 129 ouvriers sont faits prisonniers. Du côté américain, 1 677 Marines et marins sont morts; 2 296 sont blessés. Mais ce sacrifice n’a pas été vain car il permet aux Américains de faire progresser leurs techniques de débarquement et de prendre pied en plein cœur du Pacifique. La reconquête est lancée !


Armement lourd japonais à Betio

  • Quatre canons de 200 mm
  • Quatre canons de 140 mm
  • Six pièces de 80 mm
  • Quatre canons de DCA de 127 mm
  • Huit pièces de DCA de 75 mm
  • 27 mitrailleuses lourdes de DCA de 13 mm;
  • Quatre mitrailleuses lourdes de DCA de 13 mm en affût double
  • Dix canons de montagne de 75 mm
  • Six canons de 70 mm
  • Neuf pièces de 37 mm
  • 31 mitrailleuses lourdes de 13 mm
  • Plusieurs dizaines de mitrailleuses de 7,7 mm

Le baptême du feu des LVT (Armtracks)

L’assaut amphibie d’un atoll nécessite l’emploi d’une tactique et d’un matériel adapté. Les barrières de corail sont des obstacles infranchissables aux péniches à fond plat si le niveau d’eau n’est pas assez important, les coraux risquant de déchirer les coques de ses frêles esquifs. L’USMC va se tourner vers l’Alligator, un tracteur amphibie à chenille conçue en 1935 par David Roebling. Destiné à un usage civil, l’engin est adapté pour répondre aux besoins des Marines.

Une commande de 200 véhicules est passée. Le Landing Vehicle Tracked ou LVT peut transporter 18 hommes et leur équipement. A l’origine destiné à transborder à terre le fret des navires, il va devenir par la force des choses, un véhicule d’assaut amphibie. Les premiers sont engagés à Tarawa. Les pertes seront lourdes à cause de la faiblesse de son blindage et de ses qualités de franchissement médiocres. Par la suite, des versions mieux blindées et d’appui feu vont voir le jour.

Photograph. Dead United States serviceman floating face down in the ocean near American two LVTs [Landing Vehicles, Tracked] lined up against a sea wall. Official caption on front: “Part of the price of Tarawa. US Navy Photo 128-9.” Tarawa Atoll, Gilbert Islands. November 1943

Makin

En août 1942, le 2nd Raiders Battalion du colonel Evans F. Carlson est acheminé par les sous-marins Nautilus et Argonaut à proximité de l’atoll de Makin. Le Major James Roosevelt, qui commande l’unité, n’est autre qu’un des fils du président. Après deux jours de combats, les raiders parviennent à détruire la station radio. Lorsque l’ordre d’évacuation du général Vandegrift leur est envoyé, l’unité déplore la perte de 21 hommes. Neuf blessés graves sont laissés sur place, ils seront exécutés par les Japonais. Ce raid sans grand intérêt aura pour effet malheureux de faire prendre conscience aux Japonais de la vulnérabilité de la défense des atolls.

En marge du débarquement sur Tarawa, la 27th US ID est chargée de s’emparer de l’atoll de Makin. L’île Makin proprement dite, qui est la plus au nord, est défendue par 300 Japonais, une centaine d’aviateurs et 400 ouvriers coréens. Des positions retranchées, des nids de mitrailleuses et trois canons de 80 mm sont concentrés au centre de l’île à proximité de l’aérodrome.
Si les hommes de la 2nd Marines Division peuvent être considérés comme étant des combattants expérimentés, ceux de la 27th US ID n’ont encore jamais connu le feu. L’unité est restée stationné à Hawaï pendant plusieurs mois et elle n’a jamais été entraînée pour participer à une opération amphibie. Leur chef, le Major General Julian G. Smith est toutefois un battant très apprécié de ses hommes.

Le débarquement sur Makin débute le 20 novembre à 8h30. Les 6 500 hommes du 165th Regiment débarquent sur Buritari sans rencontrer de forte résistance, mais à la progression à l’intérieur de l’île va être beaucoup plus longue que prévu. Par manque d’expérience, une grande partie du matériel a pris l’eau. Les radios et les lance-flammes sont hors d’usage; les chars ne peuvent avancer à cause des cratères d’obus. Les GI’s, pétrifiés, ont la hantise des snipers et perdent un temps précieux. Leurs officiers hors de combat, des compagnies entières sont bloquées pendant des heures par quelques combattants japonais. Mais les actions individuelles de certains soldats permettent de débloquer la situation. L’île est prise après quatre jours de combats sporadiques. Les Américains déplorent la perte de 218 hommes, dont 64 morts. Du côté japonais, un seul fusilier marin et 105 ouvriers sont faits prisonniers ! En parallèle, des détachements occupent l’îlot de Kotabu, sans rencontrer la moindre opposition.


US Marine Corps Motion Picture Film Productions, compiled ca. 1939 – ca. 1945
Office for Emergency Management. Office of War Information. Overseas Operations Branch. New York Office. News and Features Bureau. (12/17/1942 – 09/15/1945)

Liens utiles

Ludothèque

Différents wargames permettent de simuler plus ou moins avec précision cette bataille. On retiendra par exemple D-Day at Tarawa, jeu en solitaire par Decision Games, Death Ride – Tarawa, simulation précise par Grognard Sims, ou un scénario sur Betio dans le module US Marines de la série Order of Battle. Sur appareils mobiles avec Android, voyez aussi Battle of Tarawa 1943 dans la série Conflict.

Historien au Mémorial de Caen, spécialiste des conflits du XXe siècle. Co-auteur du Larousse de la Seconde Guerre mondiale et du Dictionnaire de la Guerre froide dirigés par Claude Quétel.